Haïti
LE DÉFI EN HAITI
Au début de 2006, on a organisé finalement des élections après une longue période de chaos et d’instabilité politique causés par la démission forcée de J-B Aristide. Les élections se sont déroulées calmement, et sans irrégularités, à la grande surprise de beaucoup, avec une participation élevée. Les Haïtiens ont voulu se prononcer délibérément et ils ont élu R. Préval comme président. Il doit faire face à un défi immense, notamment reconstruire les structures de l’état, faire démarrer l’économie et ne pas décevoir la population. Les organisations sociales locales ainsi que la communauté internationale sont prêtes à coopérer avec le nouveau gouvernement.
Pour les organisations partenaires de Broederlijk Delen les années passées ont été de nouveau un épisode difficile. Le taux élevé d‘insécurité pendant certaines périodes a empêché les organisations partenaires d‘effectuer le travail sur le terrain comme prévu. Après les élections, la situation s’est considérablement améliorée et l’espoir de pouvoir faire des changements est de nouveau de mise. Les organisations et les mouvements sociaux plaident auprès du nouveau gouvernement en faveur d’une participation plus ample de la population dans la politique. Il est donc important de créer des structures qui permettent à la population de participer au débat politique et de donner à la population une formation pour qu’elle sache formuler clairement ses espoirs et ses avis.
A la campagne, où deux tiers de la population habitent, la situation est affreuse. A cause du déboisement massif pendant plusieurs décennies et des techniques agricoles non durables de grandes parties de la campagne sont menacées par l’érosion et la désertification. C’est la raison pour laquelle il est très important que les paysans locaux développent des méthodes plus durables pour travailler la terre. En même temps ils doivent également améliorer et diversifier leurs produits pour qu’ils puissent nourrir la population locale avec leur propre production alimentaire.
LA POLITIQUE
La république d’Haïti est indépendante depuis plus de 200 ans. Après 12 ans de révoltes par les esclaves contre l’occupant français, la république d’Haïti a été en 1804 le premier état indépendant avec une population composée d’une majorité de noirs. Le premier siècle d’indépendance a été caractérisé cependant par une lutte violente entre les mulâtres régnants et les noirs. En 1915, l’Haïti, qui partage avec la République Dominicaine une île dans les Caraïbes, fût occupé de nouveau, cette fois-ci par les Etats-Unis. En 1934, les Etats-Unis ont quitté l’île. Ils ont cependant suivi de près les évolutions des présidents successifs et pendant la seconde guerre mondiale, de 1941 à 1946, ils ont conclu un accord agricole sur la production de sisal et de caoutchouc. Pour cela, de nombreux petits paysans ont été chassés de leurs terres. Depuis 1946, le pays est retourné à une plus grande indépendance.
En 1957, le fameux docteur François Duvalier, surnommé Papa Doc, a été élu président. Papa Doc a voulu restreindre l’influence des mulâtres, de l’armée et de l’église catholique. Pour cela, il a créé une milice de noirs, les ‘Tontons Macoutes’. Cette politique a mené à une répression énorme en Haïti et Papa Doc, qui se nommait président à vie en 1964, s’est révélé comme un dictateur cruel. A sa mort, son fils, Jean Claude Duvalier, surnommé Baby Doc, lui a succédé. Baby Doc a gouverné d’une manière qui était aussi autoritaire que celle de son père. Il était réputé pour sa mode de vie exorbitante et il s’engageait sans scrupules dans des pratiques corrompues. Au début des années 80, la réticence à l’égard de Baby Doc a augmenté. Elle a mené à des émeutes et à une violence accrue dans les rues. En 1986, les Etats-Unis ont envoyé Baby Doc en exil afin d’éviter une escalade de la situation. Ce qui suivait était une période de grand désordre, avec plusieurs coups militaires. Sous la pression de la communauté internationale cela a mené finalement aux premières élections présidentielles libres en 1990. Le prêtre Jean-Bertrand Aristide a été élu président de façon convaincante.
Après avoir été au pouvoir pendant à peine quelques mois, un autre coup militaire est survenu. Assisté par les Etats-Unis, J-B Aristide est retourné comme président en 1994. De 1996 à 2000 a gouverné René Préval, un disciple de J-B Aristide. La situation politique a continué cependant à être fragile et la terreur dans les rues, à laquelle les Haïtiens s’étaient déjà habitués malheureusement, a augmenté. En 2000, J-B Aristide a été élu de nouveau président lors d’élections entachées d’irrégularités. L’opposition n’a pas accepté le résultat et malgré des efforts de médiation de la part de la communauté internationale, la situation s’est aggravée vers la fin de 2003. Une lutte en a été le résultat et J-B Aristide a été forcé de résigner à la fin de 2004. Un gouvernement de transition a été mis en place pour deux ans.
Avec l’aide d’une force de paix sous des ordres sud-américains, des élections ont été organisés au début de 2006. L’ex-président R. Préval est sorti vainqueur. Il doit faire face à un immense défi: transformer l’Haïti d’un pays très pauvre et instable en un pays pacifique et stable.
L’ÉCONOMIE
La république d’Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. A cause de décennies de violences et de désordre, le développement économique du pays a été très faible. Environ deux tiers de la population dépendent de l’agriculture (le café, le sucré et le cacao) mais ce secteur ne peut à peine faire la concurrence sur le marché international. En outre, l’état de l’environnement dans le pays est très inquiétant à cause du déboisement massif (98%), la désertification et l’érosion de la terre. Le secteur industriel et le tourisme se sont effondrés à cause de longues années d’instabilité.
L’Haïti dépend pour une grande partie d’aide extérieure et d’argent d’émigrés. En outre, le pays dépend d’importations de nourriture ce qui fait que les besoins vitaux coûtent cher pour les Haïtiens.
LA SITUATION SOCIALE
En conséquence de la crise politique et économique, la situation sociale en Haïti est très pénible. La majorité de la population active est sans ou presque sans emploi. Beaucoup d’Haïtiens émigrent vers la République Dominicaine ou vers les Etats-Unis à la recherche de travail et d’une meilleure vie. L’enseignement et les soins de santé ont souffert beaucoup des conflits armés.
La situation de la santé en Haïti est alarmante. Une grande partie de la population n’a pas d ‘accès à l’eau potable propre. En outre, la tuberculose, le paludisme et la malnutrition chronique sont omniprésents et on n’arrive pas à contrôler ces maladies. Il y a également un pourcentage élevé de cas de VIH/ sida dans le pays, ce qui fait encore augmenter la pression sur les soins de santé.
Broederlijk Delen
soutient des organisations du Sud dans leurs projets de lutte contre la pauvreté et l’injustice.
Leur engagement et leur connaissance de leur réalité permettent la mise en oeuvre d’actions adaptées à leur contexte et soutenues par les populations.Cette approche de Broederlijk Delen garantit des résultats durables!


